La tarte courgette chorizo, c’est le truc que je sors quand il fait 30 degrés et que personne n’a envie d’un plat lourd. Une pâte croustillante, des courgettes fondantes, et le chorizo qui vient mettre le feu juste ce qu’il faut. Servie tiède avec une salade verte, c’est un dîner d’été complet. Servie froide le lendemain au bord de la piscine, c’est encore meilleur.
Mais il y a un ennemi dans cette recette, un seul, et il est sournois : l’eau de la courgette. C’est elle qui transforme une belle tarte dorée en éponge détrempée à la pâte molle. Tout l’enjeu se joue là, et je vais te montrer comment la mater une bonne fois pour toutes.
Dégorger les courgettes : l’étape qu’on ne saute pas
La courgette, c’est plus de 90 % d’eau. Si tu la mets crue et râpée directement sur ta pâte, cette eau va sortir à la cuisson et noyer le fond. Résultat : une pâte pâteuse, jamais cuite en dessous, une horreur. Donc on dégorge.
Râpe tes courgettes (avec la peau, elle tient et donne de la couleur), mets-les dans une passoire, sale-les généreusement et mélange. Le sel fait sortir l’eau par osmose. Laisse poser 30 minutes minimum, une heure si tu as le temps. Ensuite, et c’est le geste que beaucoup négligent : presse fort. Prends des poignées de courgettes et essore-les entre tes mains au-dessus de l’évier, ou enroule-les dans un torchon propre et tords. Tu serais surpris de la quantité d’eau qui part. On veut une masse de courgettes presque sèche, tassée.
Astuce que je fais systématiquement : après le dégorgeage, je fais revenir les courgettes essorées 5 minutes à la poêle avec un filet d’huile d’olive. Ça évacue le reste d’humidité et ça concentre le goût. Cette double sécurité, c’est la différence entre une tarte correcte et une tarte qui croustille vraiment.
Chorizo doux ou fort : tranche
Voilà LE choix qui définit ta tarte. Le chorizo doux apporte le parfum du pimentón, le côté fumé, sans agresser. Le chorizo fort, lui, pique franchement et laisse une chaleur en bouche. Mon avis tranché : pour une tarte familiale où il y a des enfants ou des palais sensibles, prends du doux, sans hésiter. Le goût du chorizo est déjà bien présent, et tu ne veux pas que la moitié de la table boive de l’eau toute la soirée.
Si tu cuisines pour des amateurs de sensations, va sur le fort, mais réduis un peu la quantité : sa puissance suffit à parfumer toute la tarte avec moins de tranches. Et choisis un vrai chorizo de qualité, espagnol de préférence, pas le bâton industriel sans âme. Le pimentón de la Vera, c’est ce qui fait toute la magie ici.
Les ingrédients pour une tarte (6 parts)
- 1 pâte brisée (maison si tu peux, sinon une bonne pâte pur beurre)
- 3 courgettes moyennes (environ 600 g)
- 120 g de chorizo doux, en fines rondelles ou en dés
- 3 œufs
- 20 cl de crème liquide
- 80 g de fromage râpé (comté ou un peu de parmesan, plus parfumé qu’un emmental neutre)
- 1 gousse d’ail
- Huile d’olive, sel, poivre, thym
Pas de sel ajouté dans l’appareil, ou très peu : le chorizo et les courgettes déjà salées au dégorgeage apportent l’essentiel. Goûte avant de saler à l’aveugle.
Le montage et la cuisson
Préchauffe le four à 190 °C. Étale la pâte dans le moule, pique le fond à la fourchette. Petit truc pour assurer le croustillant : précuis la pâte seule 10 minutes à blanc avec des billes de cuisson ou des légumes secs. Sur une tarte humide comme celle-ci, cette précuisson change tout.
Pendant ce temps, prépare l’appareil. Bats les œufs avec la crème, ajoute l’ail écrasé, un peu de thym, du poivre. Incorpore les courgettes essorées et poêlées, puis la moitié du chorizo. Verse sur le fond de tarte précuit. Répartis le reste du chorizo sur le dessus (il va griller et donner du relief) et parsème de fromage râpé.
Enfourne 30 à 35 minutes, jusqu’à ce que le dessus soit doré et que l’appareil soit pris. Plante la pointe d’un couteau au centre : elle doit ressortir sèche. Laisse tiédir au moins 10 minutes avant de couper, sinon la tranche s’effondre.
Un petit aparté sur la pâte : si tu es du genre à toujours avoir une pâte feuilletée qui traîne au frigo, ça marche aussi et c’est encore plus croustillant. La brisée tient mieux le côté généreux de la garniture, mais la feuilletée fait des merveilles sur une version plus apéritive, coupée en petits carrés.
Servir et accompagner
Tiède avec une salade de roquette et quelques tomates cerises, c’est le combo parfait. Un trait de vinaigre balsamique sur la salade pour casser le gras du chorizo, et tu as un repas d’été qui tient la route. Froide, elle se transporte super bien pour un pique-nique ou un buffet.
Si tu aimes les tartes salées aux courgettes, tu vas être servi sur le site. J’ai une tarte courgette et chèvre frais plus douce et fraîche, et une tarte courgette, tomate et mozzarella aux couleurs du Sud. Et si tu as une grosse production de courgettes à écouler, le tian de légumes provençal au four en envoie aussi un beau paquet au four.
Les variantes qui marchent
Tu peux remplacer une partie des courgettes par des dés de poivron rouge revenus, ça apporte de la couleur et une douceur qui matche avec le chorizo. Un peu de chèvre frais émietté dans l’appareil adoucit l’ensemble si tu as pris du chorizo fort. Et pour une version sans pâte, plus légère, tu verses l’appareil directement dans un moule beurré : ça donne un flan de courgettes au chorizo plutôt qu’une tarte, mais c’est délicieux et ça règle définitivement la question du fond détrempé.






