Le kaki arrive sur les étals à partir d’octobre, et il traîne une réputation de fruit qu’on admire plus qu’on ne mange, tellement il reste astringent et pâteux en bouche tant qu’il n’est pas parfaitement mûr. Une fois passé ce stade, en confiture, il donne quelque chose que la pomme ne fait jamais : une texture presque lisse, sans les petits filaments qu’on retrouve toujours dans une confiture de pommes classique.
Kaki traditionnel ou Sharon, il faut choisir
Le kaki Sharon, celui qu’on trouve toute l’année en barquette au supermarché, se mange ferme comme une pomme et ne demande aucune attente. Pratique, mais en confiture, je le trouve plat : sa chair est plus aqueuse, moins sucrée naturellement, et le résultat en pot manque clairement de caractère malgré une couleur correcte. Le kaki traditionnel — celui qui doit devenir presque translucide et mou pour être mangeable — donne un goût beaucoup plus marqué, presque une note d’abricot mûr et de miel. C’est plus long à obtenir, il faut le laisser mûrir sur le rebord de la fenêtre parfois une bonne semaine, mais le résultat en confiture n’a rien à voir. Sur ce point je ne fais pas dans la nuance : le Sharon en confiture, c’est pas pour moi.
À quel point il doit être mûr
Le kaki traditionnel doit être mou au toucher, presque au point de céder sous les doigts, avec une peau qui commence à se froisser légèrement. S’il a encore une tenue ferme comme une tomate, il est encore astringent et donnera une confiture qui racle la gorge. Sur le marché d’Alès en novembre 2025, les kakis trop mûrs pour être vendus en étal classique se négociaient 2,60€/kg au maraîcher, contre 4,20€/kg pour des Sharon bien fermes au supermarché du coin — le fruit le plus adapté à la confiture est souvent aussi le moins cher, personne n’en veut à ce stade visuel.
La corvée de l’épluchage
Un kaki à ce point de maturité se manipule mal. La peau se déchire, la chair coule entre les doigts, et il faut couper le fruit en deux et récupérer la pulpe à la cuillère plutôt qu’à l’éplucheur classique — l’éplucher au couteau comme une pomme est quasiment impossible sans tout écraser. Prévois un torchon à côté, ça colle vraiment beaucoup.
La recette
Ingrédients
Pour 3 pots moyens : 1,2 kg de pulpe de kaki bien mûr (soit environ 1,5 kg de fruits avec peau et pépins), 700 g de sucre, le jus d’un citron et demi. Le kaki étant pauvre en pectine, contrairement au coing, le citron n’est pas juste là pour l’acidité : il aide vraiment à la prise.
La cuisson
Écrase grossièrement la pulpe à la fourchette, verse-la dans une bassine à confiture avec le sucre et le jus de citron, laisse macérer une heure si tu as le temps (pas obligatoire, mais ça aide le sucre à pénétrer). Porte à ébullition puis baisse à feu moyen, en remuant souvent parce que la texture, plus lisse que celle d’un coing ou d’une figue, attache facilement au fond dès qu’elle épaissit. Compte 30 à 35 minutes.
Le test de prise, moins fiable qu’avec le coing
Ici, pas de miracle comme avec la confiture de coings, qui prend toute seule grâce à sa pectine naturelle. La confiture de kaki reste toujours un peu plus souple une fois froide, presque comme une compote épaisse plutôt qu’une confiture ferme. Le test de l’assiette froide fonctionne quand même : dépose une petite cuillère sur une assiette sortie du congélateur, si elle se fripe légèrement au bout du doigt après 30 secondes, c’est prêt. N’espère juste pas la tenue d’une confiture de figues bien réduite, ce n’est pas le même profil de fruit.
Je ne détaille pas ici la version épicée à la cannelle et au gingembre qu’on voit parfois circuler, parce qu’à mon goût ça masque complètement le parfum du kaki mûr, qui n’a besoin de rien d’autre que le citron pour être bon. Si tu veux en savoir plus sur le fruit lui-même, ses variétés et sa saison, j’ai une fiche ingrédient sur le kaki à part sur le blog.






