Batch cooking : menu de la semaine prêt en 2h

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Deux heures pour cuisiner cinq dîners, c’est faisable. Ce n’est pas facile, ce n’est pas relaxant, et ce n’est pas un loisir. C’est une opération logistique qu’on exécute le dimanche après-midi ou le samedi matin, et qui te sauve ensuite cinq soirées de semaine. Je le fais en moyenne trois dimanches sur quatre depuis l’hiver 2023.

Les conditions qui permettent d’y arriver en 2h

D’abord, arrête de te mentir : si tu fais ta liste de courses le dimanche, que tu passes une heure au supermarché, et que tu commences à cuisiner à 15 h en écoutant un podcast tranquille, tu ne seras pas fini à 17 h. Tu seras fini à 19 h, tu en auras marre, et tu jureras de ne plus jamais recommencer.

Le batch cooking en 2h chrono suppose trois préconditions non négociables : la liste de courses est déjà faite, les courses sont dans le frigo, et tu commences avec le plan des 5 plats écrit sur un papier posé sur le plan de travail. Sans ça, oublie les 2 heures, oublie les 3 heures, tu partiras sur 4.

Le menu type que je fais cette semaine

Un menu d’avril, pas trop technique, qui tourne sur 2 cuissons au four, 1 plat mijoté, 1 poêlée rapide, 1 salade composée. C’est un template, adapte-le.

Lundi : pavé de saumon rôti au four, riz basmati, brocoli vapeur. Mardi : chili con carne maison, servi avec le riz qui reste du lundi. Mercredi : gratin de pâtes courgettes-chèvre. Jeudi : poêlée de pois chiches, épinards, oignons rouges, œufs pochés. Vendredi : grande salade composée avec ce qui reste (poulet rôti, tomates, feta, olives, pois chiches, concombre), vinaigrette à part. Le vendredi, je finis les fonds de frigo, c’est voulu.

Le chili mijote seul pendant que tu t’occupes du reste. Le saumon cuit au four en 14 minutes. Le brocoli vapeur : 8 minutes. Le riz : 12 minutes dans une casserole à part, tu en fais pour deux repas (lundi + mardi). Les pois chiches peuvent venir d’une boîte rincée, pas de honte à avoir.

L’ordre d’exécution qui gagne du temps

Voici l’enchaînement que je suis, montre en main :

0-10 min : je préchauffe le four à 200 °C, je lance une grande casserole d’eau salée pour les pâtes du gratin, je mets une deuxième casserole d’eau pour le riz, et je rince les pois chiches.

10-35 min : je commence le chili. Dans une cocotte, j’attaque l’oignon et l’ail émincés à l’huile d’olive, la viande hachée (400 g de bœuf à 15 % MG), les épices (cumin, paprika, piment), les tomates concassées en boîte, les haricots rouges en conserve rincés, du concentré de tomate, un verre d’eau. Feu moyen-doux, couvercle entrouvert. Il mijotera tout seul 45 à 55 minutes pendant que je fais le reste.

35-50 min : le riz part sur feu moyen (je retourne le chronomètre pour 12 min), les pâtes du gratin cuisent en parallèle (8-9 min al dente, je les égoutte avant), je détaille les courgettes en rondelles pendant que ça bout. Le four est prêt, j’enfourne le saumon sur plaque (sel, poivre, huile d’olive, un zeste de citron) pour 14 minutes.

50-75 min : j’assemble le gratin de pâtes-courgettes-chèvre dans un plat (pâtes égouttées, courgettes sautées 4 minutes à la poêle, crème, chèvre en bûche émietté, sel-poivre, noix de muscade). Dès que le saumon sort, le gratin entre à 200 °C pour 18 minutes. Le brocoli part au panier vapeur au-dessus d’une casserole, 8 minutes.

75-100 min : je cuis la poêlée de pois chiches-épinards-oignons dans une grande sauteuse (15 minutes environ). Les œufs du jeudi ne sont pas pochés maintenant, ils le seront le jeudi soir en direct, sinon c’est dégoûtant. Je prépare la vinaigrette du vendredi dans un petit bocal. Je lave et essore les crudités.

100-120 min : je sors le gratin, je vérifie le chili (qui doit être réduit), je mets tout en boîtes, je range le plan de travail, je lave la vaisselle du batch. Si j’ai bien suivi le plan, j’arrive à 1 h 55. Si je flâne ou que je réponds à un message, je termine à 2 h 10.

Le matériel qui fait la différence

Tu n’as pas besoin d’un Thermomix à 1 200 €. Tu as besoin de : une bonne cocotte en fonte ou inox, une grande sauteuse, une casserole haute pour le riz, une casserole avec panier vapeur, deux plaques de four, un bon couteau d’office, une planche à découper grande, six à huit boîtes en verre type Pyrex ou Luminarc avec couvercles. C’est tout. Le truc qui change vraiment la vie : deux plaques de four au lieu d’une, ça permet de cuire deux choses à 200 °C simultanément si ta configuration le permet.

Un robot culinaire de base type Magimix 3200 à 180 € d’occasion est un vrai gain pour hacher les oignons en 5 secondes, râper du fromage, émincer des légumes à la chaîne. Je ne le voyais pas comme indispensable avant 2024, j’ai changé d’avis depuis.

Les erreurs qui font exploser le chrono

Choisir 5 recettes qui demandent toutes une cuisson au four : ça ne tient pas, tu ne peux en faire que 2 en même temps. Choisir un menu avec 3 sauces différentes à préparer : tu t’enterres dans les petites quantités. Commencer sans avoir lu les recettes en entier : tu découvres à la moitié qu’il faut laisser reposer une pâte 30 minutes. Faire un plat que tu n’as jamais testé : le dimanche du batch cooking n’est pas le jour pour expérimenter, point final.

Dernière erreur, et c’est la mienne : vouloir préparer aussi les petits-déjeuners et les déjeuners. Non. Le batch cooking à 2h, c’est 5 dîners, et rien d’autre. Si tu veux aussi prévoir des déjeuners pour le bureau, compte 3 h minimum, sois réaliste.

Conservation et logistique frigo

Le chili se conserve 4 jours au frigo, donc pas de souci pour le mardi. Le gratin de pâtes : 3 jours grand max, idéalement le mercredi ou le jeudi, pas plus tard. Le saumon cuit : 2 jours max, donc lundi oblige. La poêlée de pois chiches : 3 à 4 jours. La salade composée du vendredi : tu l’assembles le vendredi soir avec les restes préparés, rien ne traîne plus de 4 jours. Si tu veux allonger la durée, congélation du chili en portions, c’est le seul plat qui tolère bien.

Tu peux t’inspirer des menus de mon batch cooking de printemps en 2h30, qui tient un peu plus en variété mais prend 30 minutes de plus. Pour les débutants, le template de liste de courses anti-gaspillage est la première chose à télécharger. Si tu as un Cookeo, regarde plutôt le batch cooking au Cookeo qui change la méthode. Et si tu es végétarien, le batch cooking végétarien te donnera 5 menus adaptés.

Petit aparté

Je n’aime pas fondamentalement le batch cooking. Cuisiner, pour moi, c’est un plaisir quotidien qui se joue dans la demi-heure avant le dîner, avec un verre de vin ouvert sur le plan de travail et France Culture en fond. Le batch cooking est l’exact opposé : une corvée planifiée, chronométrée, à ne pas interrompre. Mais entre un lundi soir où je rentre à 19 h 30 crevé et un lundi soir où il y a juste à réchauffer, le choix est vite fait. Le batch cooking, c’est une concession qu’on fait à son calendrier, pas une pratique qu’on célèbre.

Ça vaut le coup pour qui ?

Pour les actifs qui rentrent tard, les parents de jeunes enfants, les étudiants qui veulent manger autrement que des pâtes au beurre. Ça ne vaut pas le coup si tu es seul, que tu as du temps en semaine, et que cuisiner te détend. Ça ne vaut pas le coup non plus si tu aimes varier ton menu sur un coup de tête. Le batch cooking impose une rigueur qui peut virer à la rigidité. À toi de voir si ce compromis te va. Pour moi, oui, trois semaines sur quatre. La quatrième, je fais des pâtes au beurre.

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