5 recettes avec des restes de gigot d’agneau
Pâques, c’est fait. Le gigot a eu son heure de gloire dimanche, tout le monde l’a adoré, et maintenant tu te retrouves avec un bon morceau d’agneau froid dans le frigo, emballé dans du film étirable à la va-vite. La tentation de le grignoter tel quel pendant trois jours existe — je l’ai fait, je confirme, on s’en lasse vite. Alors voilà cinq façons de lui offrir une deuxième vie, dont certaines que je préfère franchement au gigot d’origine.
Si tu n’as pas encore cuisiné ton gigot ou que tu veux les bases de la cuisson parfaite, j’ai un article complet sur le gigot d’agneau au four avec les temps par kilo.
Combien de temps tu peux garder tes restes ?
Avant de foncer en cuisine, un point conservation. L’agneau cuit se garde 3 jours max au frigo, dans un contenant hermétique. Au-delà, c’est direction congélateur — et là tu as environ 2 mois tranquille. Mon conseil : découpe ou effiloche la viande tout de suite après le repas, pendant qu’elle est encore un peu tiède. Elle se sépare mieux, tu perds moins de jus, et tu peux la répartir en portions selon ce que tu comptes en faire. J’ai pris l’habitude de préparer des petits sachets congélation de 200 g : pile la bonne quantité pour un repas à deux.
Le sandwich pita-agneau-tzatziki (mon préféré, et de loin)
Celui-là, je pourrais le manger tous les jours de la semaine sans m’en lasser. C’est le plat qui me fait acheter un gigot trop gros exprès, juste pour avoir des restes.
Ce qu’il te faut
- 2 pains pita (les vrais, épais, pas les galettes fines de supermarché — regarde du côté des épiceries orientales, autour de 1,80 EUR les 5 chez mon turc à Aix)
- 250 g de restes de gigot, tranchés fin ou effilochés
- 1 petit concombre
- 2 tomates bien mûres
- Un demi-oignon rouge
- Quelques feuilles de menthe fraîche
Le tzatziki maison (5 minutes)
Râpe un demi-concombre, presse-le fort dans tes mains au-dessus de l’évier pour virer un max d’eau. Mélange avec 200 g de yaourt grec (le Total, pas un yaourt brassé quelconque), une gousse d’ail râpée, un filet d’huile d’olive, sel, poivre, et les feuilles de menthe ciselées. C’est prêt. La version du commerce n’arrive pas à la cheville de ça, et pourtant j’ai testé au moins quatre ou cinq marques.
Le montage
Ouvre les pitas au micro-ondes 20 secondes pour les assouplir. Fais revenir l’agneau 2 minutes dans une poêle bien chaude avec un filet d’huile d’olive et une pincée de cumin — juste pour le réchauffer et lui donner un petit croustillant sur les bords. Pas plus, sinon il sèche. Tartine le tzatziki dans le pain, empile l’agneau, les rondelles de tomate, l’oignon émincé fin, et mange ça debout dans la cuisine. C’est le seul contexte acceptable.
Variante pour les jours de flemme : remplace le tzatziki par de la sauce blanche kebab du commerce et ajoute un peu de harissa. Moins raffiné, mais honnêtement ça passe très bien un mardi soir.
Le hachis parmentier d’agneau
Le grand classique post-Pâques, et pour cause : c’est le plat parfait pour écouler un gros volume de restes en un seul repas familial. Si tu connais déjà la version boeuf du hachis parmentier classique, tu vas voir que l’agneau lui donne un tout autre caractère.
Ma version
Hache grossièrement 400 g de restes de gigot au couteau. Pas au mixeur — tu veux des morceaux irréguliers, pas une purée triste. Fais revenir un gros oignon émincé dans du beurre, ajoute la viande, une cuillère à café de concentré de tomates, un verre de bouillon (ou le jus de cuisson du gigot si tu as eu la bonne idée de le garder), du thym, du romarin. Laisse mijoter 10 minutes à feu doux.
Pour la purée : 1 kg de patates (des Bintje ou des Agata, pas de la Charlotte qui fait une purée collante), écrasées à la fourchette avec 50 g de beurre, une bonne rasade de lait chaud et — mon ajout secret — une poignée de comté râpé directement dedans. Monte ton parmentier dans un plat à gratin, viande en bas, purée par-dessus, encore un peu de comté sur le dessus, et 25 minutes à 200 C.
Le résultat est nettement plus parfumé que la version boeuf. L’agneau a ce goût un peu prononcé qui résiste à la purée et au fromage, alors que le boeuf se fait souvent écraser. Le seul bémol : si ton gigot était très aillé au départ, l’ail va dominer le plat. C’est pas forcément un défaut, mais c’est à savoir.
La salade tiède agneau-lentilles-menthe
Celle-là, je l’ai piquée à un pote qui l’avait ramenée d’un restau libanais à Marseille. C’est devenu mon déjeuner par défaut quand il fait beau et que j’ai des restes au frigo.
Cuis 200 g de lentilles vertes du Puy (pas les corail, elles se transforment en bouillie) dans de l’eau salée, 20 minutes. Égoutte-les encore tièdes. Pendant ce temps, tranche ton agneau en fines lamelles. Dans un bol, prépare une vinaigrette : jus d’un citron, 3 cuillères d’huile d’olive, une cuillère de moutarde à l’ancienne, sel, poivre. Mélange les lentilles chaudes avec la vinaigrette (elles absorbent mieux les saveurs à chaud), ajoute l’agneau, un demi-oignon rouge émincé, des tomates cerises coupées en deux, et une grosse poignée de menthe fraîche.
C’est léger, c’est frais, et ça change radicalement du syndrome “réchauffé qui a l’air triste”. Par contre, je te préviens : sans la menthe, c’est banal. La menthe fait tout le travail ici.
Les pâtes à l’agneau effiloché, tomates séchées et olives
Un plat de 15 minutes montre en main quand tu rentres tard. Fais chauffer de l’huile d’olive dans une grande poêle, jette l’agneau effiloché (200 g), une poignée de tomates séchées coupées en lanières et une dizaine d’olives noires dénoyautées. Deux minutes de cuisson, tu ajoutes les pâtes égouttées (des penne ou des rigatoni, un truc qui accroche la sauce), un bon tour de moulin à poivre, un filet de jus de citron, des copeaux de parmesan. Tu peux consulter mes astuces pour transformer des restes en repas si tu veux d’autres combinaisons du genre.
Honnêtement, c’est pas le plat de pâtes le plus mémorable de ta vie. Mais c’est solide, c’est rapide, et ça évite de commander une pizza. Les tomates séchées font le boulot pour compenser le côté un peu sec de la viande réchauffée.
Les quesadillas agneau-feta-poivrons
Ma dernière trouvaille. J’étais sceptique parce que le mélange agneau + cuisine tex-mex, sur le papier, c’est pas évident. Mais en fait la feta et le poivron grillé rapprochent ça du registre méditerranéen, et là ça colle parfaitement.
Garnis une tortilla de blé avec de l’agneau effiloché, de la feta émiettée, des poivrons grillés en bocal (ceux de chez Florelli à environ 3,50 EUR le pot font largement l’affaire), quelques feuilles d’épinard cru. Plie en deux, 3 minutes de chaque côté dans une poêle sèche bien chaude. La tortilla doit être dorée et croustillante, la feta à peine fondue à l’intérieur.
Sers ça avec un filet de yaourt citronné et quelques feuilles de roquette à côté. Mes gamins appellent ça “le kebab plat” et c’est devenu une demande récurrente, même en dehors de la période post-gigot.
L’idée que j’ai pas retenue (et pourquoi)
J’ai volontairement laissé de côté la moussaka. Oui, c’est un classique anti-gaspi avec de l’agneau, et oui c’est bon. Mais une vraie moussaka c’est facilement 1h30 de taf entre la cuisson des aubergines, la béchamel, le montage. À ce stade, autant cuisiner un plat from scratch avec de la viande fraîche. Le but ici c’est de recycler vite et bien, pas de se lancer dans un chantier.
Si tu veux d’autres pistes anti-gaspi au-delà de l’agneau, j’ai aussi un article sur 5 façons de ne pas jeter de nourriture qui va plus loin sur le sujet.
Récap : quelle recette selon ce que tu as sous la main
Si tu as moins de 200 g de restes, pars sur les pâtes ou la salade tiède. C’est là que tu as besoin de moins de viande, le reste de l’assiette compense. Si tu as un bon demi-gigot à écouler, le parmentier est ton meilleur allié — il absorbe facilement 400-500 g. Et si tu veux un truc festif qui change vraiment du repas de la veille, le sandwich pita-tzatziki est imbattable. C’est le seul que les gens redemandent.
Et petit rappel si tu planifies déjà ton menu de Pâques pour l’an prochain : achète le gigot un cran au-dessus de ce dont tu as besoin. Les restes, c’est pas un problème, c’est un bonus.






